LE PARDON

LA QUESTION (complexe) DU PARDON

D'aucun nous disent IL FAUT pardonner...bien entendu. Seulement, comment, à moins d'être une personne parfaitement équilibrée dans sa vie, ayant transcendé tout son être au point de savoir rester centrée en toute chose y parvenir ? A moins d'avoir des ailes, ou d'être touché par la Grâce Divine, nous ne pouvons atteindre la sommet de la montagne en une seule fois ! En vérité, nous ne pouvons en réalité pardonner tant que nous ressentons une blessure.

Alors...comment faire ?


La première étape est de reconnaître sans culpabilité et de valider que nous sommes meurtri, blessé, en colère. Cela est acceptable puisque cela est vrai. Le nier ne nous fait pas avancer d'un ïota. Le tout est de ne pas resté coincé dans ces sentiments de basse vibration qui nous abîme (creusant l'abîme en nous) si nous ne voulons pas que la blessure devienne une plaie béante !

Nier, occulter, et passer à autre chose ne nous fera que rencontrer de nouveau les mêmes fantômes : les nôtres.


La deuxième étape est de s'arrêter un instant et de se poser la question : pourquoi avons-nous été blessé ? Qu'est-ce qui a fait que nous nous sommes laissé atteindre ? Pourquoi avons-nous été meurtri par une personne, un événement ?

QU'EST-CE QUE CELA A TOUCHE EN MOI ?

Et si cela avait touché quelque chose que nous n'avons pas règlé ? Qu'avons-nous à comprendre ? Ce qui bloque dans notre vie, que nous vivons à l'extérieur de nous est l'indication (précieuse!) de quelque chose qui bloque (depuis fort longtemps en réalité) à l'intérieur de nous (de manière inconsciente le plus souvent ou bien parce que par peur de souffrir ou du jugement des autres, manque d'aide, nous ne voulons pas voir).


Troisième étape (salutaire!) : accepter sa colère, sa blessure, dire « non, je ne suis pas d'accord avec ce qu'on m'a fait, ce que je vis : CELA FAIT MAL ! ». Mais ensuite, se demander « en quoi suis-je responsable pour une part que cela soit arrivé ? Qu'est-ce qui, dans mon être, mes pensées de moi, mon attitude, mes peurs, mes doutes, mes besoins, a permis cela ? ».

Accepter permet de se libérer et de sortir de la culpabilité qui ne fait que créer une spirale descendante nous rendant peu fier de nous, de l'autre, et ne laissant aucune place au pardon. Comprendre la leçon de vie que la vie nous offre, le voir ainsi permet de relativiser. C'est avant tout d'un regard sincère et objectif avec soi-même que peut venir le pardon libérateur. Le pardon, c'est se dire « Ok...je m'avoue que j'ai été blessé(e) par telle personne ou telle situation parce que j'en attendais quelque chose de précis. Je n'ai peut-être pas fait attention ou compris que l'autre (les autres) étaient eux-aussi dans une attente particulière qui pouvait ne pas correspondre à la mienne à cause de leurs propres manques, leurs propres blessures, leurs propres peurs... »

Pour avoir de bonnes relations, nous ne devrions être dans aucune attente, avoir défini QUI nous sommes vraiment, savoir ce que nous voulons et ce que nous ne voulons pas. Cela permet de tenir debout seul, quelles que soient les circonstances de notre vie. Tenir debout seul permet de ne jamais être blessé (ou alors pas longtemps, car capable de comprendre ce qu'il se passe réellement) et laisse l'autre libre de prendre ou pas, sans que nous nous sentions remis en question pour autant...libre de partir sans que nous nous sentions abandonnés ou non aimé, nous laissant juste joyeux, ouverts à d'autres choses à venir... Rester centrés, ouverts et surtout à l'écoute (de nous-mêmes et de l'autre), prêts à donner et à recevoir.

Pardonner, c'est simplement savoir s'aimer suffisamment. Ainsi nous sommes capables d'aimer les autres en tant qu'êtres, tout en sachant refuser sereinement les actes qui ne nous correspondent pas. Chacun a le droit à l'erreur. Chacun a le droit au trésor de la leçon d'amour de la vie. En cela, le Christ a dit « que celui qui n'a jamais pêché lui jette la première pierre » « Connais-toi toi-même » est le meilleur moyen d'arriver au pardon. Car alors,...il n'y aura rien à pardonner...car nous ne nous serons pas laissé blesser.

Texte de Antara (Nathalie YOT)

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